J’ai créé un outil gratuit pour traquer la présence de marques dans les réponses des IA génératives. Et non, ce n’est pas pour surfer sur la vague du GEO (Generative Engine Optimization). C’est exactement pour l’inverse.
C’est pour dénoncer l’absurdité de 90% des prestations vendues aujourd’hui sur ce marché.
Il y a quelques semaines, Vincent Terrasi et moi avons donné une formation sur la visibilité dans les IA génératives. Le constat est brutal : tout le monde cherche à tracker sa présence, mais 90% des méthodes proposées sur le marché mesurent du vent. Et ça coûte des milliers d’euros aux marques.
Le problème : tout le monde mesure la mauvaise chose
Depuis quelques mois, un nouveau marché émerge : la GEO. Des consultants vendent des prestations à plusieurs milliers d’euros pour “optimiser votre présence dans ChatGPT” et “tracker vos positions”.
Leur méthode ? Interroger l’API OpenAI avec une liste de requêtes et compter les mentions de votre marque.
C’est une erreur fondamentale. Et je vais vous dire pourquoi.
ChatGPT n’est pas l’API OpenAI
Quand vous utilisez ChatGPT (l’interface web, celle que vos clients utilisent réellement), vous n’utilisez pas simplement GPT-5 ou une autre version. Vous utilisez un système bien plus complexe :
- Un métaprompt invisible qui guide le comportement de l’IA
- Des instructions système qui peuvent changer d’un jour à l’autre
- Une capacité de browsing qui s’active dynamiquement selon le contexte
- Des outils intégrés (recherche web, génération d’images, analyse de données)
- Un système de mémoire qui personnalise les réponses
Quand vous interrogez l’API OpenAI brute, vous n’avez rien de tout ça.
Le browsing change absolument tout
Voici le cœur du problème : ChatGPT peut décider d’activer son browsing à tout moment.
Vous posez une question sur “meilleures agences de communication digitale à Lyon”, et ChatGPT peut :
- Répondre depuis ses données d’entraînement (coupure en janvier 2025)
- OU décider que votre question mérite une recherche web actualisée
- OU mixer les deux approches
C’est imprévisible. C’est contextuel. Et c’est exactement ce qui rend les mesures via API totalement caduques.
Quand vous requêtez l’API, le modèle vous répond uniquement depuis ses données d’entraînement. Quand vous posez la même question dans ChatGPT, il peut aller chercher sur le web.
Ce ne sont pas les mêmes réponses. Ce n’est pas la même réalité.
Ma solution : tracker ce que vos clients voient vraiment
J’ai donc créé AI Presence Tracker : un SaaS gratuit qui automatise les requêtes directement dans les interfaces de ChatGPT, Claude et Gemini (celles que vos clients utilisent) et centralise les résultats dans un dashboard complet.
Ce que fait AI Presence Tracker
- Tracking multi-IA : surveillez simultanément ChatGPT, Claude et Gemini depuis une seule interface
- Requêtes automatisées : vous chargez une liste de questions pertinentes pour votre secteur
- Exécution dans les interfaces réelles : l’extension envoie chaque requête dans les interfaces web, pas via les API
- Dashboard centralisé : tous vos résultats au même endroit, avec statistiques détaillées
- Détection automatique : citations de votre marque et liens vers votre site repérés instantanément
- Export HTML : vous récupérez un rapport propre, présentable à un client
Pourquoi c’est différent (et pertinent)
- Vous mesurez la vraie expérience utilisateur : celle avec le métaprompt, le browsing, les outils
- Vous couvrez les 3 IA majeures : pas seulement ChatGPT, mais aussi Claude et Gemini
- Vous captez les variations : en lançant les mêmes requêtes à différents moments, vous voyez l’impact réel du browsing
- Vous comprenez le contexte : ce n’est pas juste “êtes-vous cité”, c’est “comment êtes-vous positionné par rapport à vos concurrents”
- Vous avez la preuve : les réponses complètes, exportées dans un rapport HTML daté et exploitable
Comment j’utilise cet outil (et comment vous devriez l’utiliser)
Étape 1 : Définir vos requêtes de tracking
Ne tombez pas dans le piège de tracker 500 requêtes généralistes. Soyez chirurgical.
Identifiez 20 à 30 questions que vos clients potentiels pourraient réellement poser aux IA :
- “Meilleurs restaurants gastronomiques à Toulouse”
- “Comment choisir un artisan pour ravalement de façade”
- “Agences spécialisées en SEO local Paris”
Étape 2 : Lancer les sessions de tracking
Je recommande de tracker :
- 1 fois par semaine pour suivre l’évolution
- À différentes heures pour capter les variations du browsing
- Sur les 3 IA pour avoir une vision complète de votre présence
Étape 3 : Analyser ce qui compte vraiment
Oubliez le simple comptage de mentions. Posez-vous les bonnes questions :
- Position dans la réponse : êtes-vous cité en premier, en milieu de liste, en fin ?
- Contexte de citation : êtes-vous présenté comme leader, alternative, option de niche ?
- Présence des concurrents : qui est cité avec vous ? Qui manque ?
- Différences entre IA : êtes-vous mieux cité sur Claude que sur ChatGPT ? Pourquoi ?
- Qualité de la description : comment votre solution est-elle présentée ?
Étape 4 : Agir en conséquence
Les insights doivent mener à l’action :
- Pas assez cité ? Travaillez votre présence éditoriale sur le web (articles de fond, comparatifs, études de cas)
- Mal positionné ? Affinez votre discours, clarifiez votre positionnement dans vos contenus
- Concurrents surreprésentés ? Étudiez leur stratégie de contenu et leurs backlinks
- Absent sur une IA en particulier ? Analysez les sources qu’elle privilégie
Ce que j’ai appris en trackant mes propres projets
Depuis plusieurs semaines, je traque la présence de différentes marques et projets dans les IA génératives.
Observation #1 : Le browsing est capricieux
Sur certaines requêtes génériques (“recettes de cuisine française”), ChatGPT répond depuis ses données d’entraînement. Les blogs culinaires récents n’y apparaissent pas forcément.
Sur des requêtes plus spécifiques (“recettes de cassoulet traditionnel toulousain”), le browsing s’active plus souvent. Et là, la présence peut augmenter significativement.
Leçon : la spécificité de la requête influence l’activation du browsing.
Observation #2 : Le contexte éditorial et les citations priment
Voici un point hyper important : les citations de marques dans des articles tiers sont un vecteur majeur de visibilité dans les IA.
Quand une IA active son browsing et trouve des articles qui mentionnent votre marque, elle les intègre à sa réponse. Mieux encore : les listicles et comparatifs sont particulièrement efficaces.
Un article “Top 10 des restaurants étoilés de Lyon” publié sur un blog gastronomique reconnu peut vous faire apparaître dans ChatGPT, Claude ou Gemini même si votre propre site n’est pas directement crawlé.
Leçon pratique : concentrez vos efforts sur :
- Obtenir des mentions dans des articles de médias sectoriels reconnus
- Être inclus dans des comparatifs et guides d’achat
- Apparaître dans des listicles thématiques
- Générer des discussions sur Reddit, forums spécialisés où votre marque est citée
C’est exactement la même logique que les backlinks pour Google, mais appliquée au content : la citation par des sources de référence crée la légitimité.
Observation #3 : Les IA ne répondent pas pareil
J’ai lancé les mêmes requêtes sur ChatGPT, Claude et Gemini. Les réponses varient significativement : ordre des citations, sources privilégiées, niveau de détail.
Leçon : tracker une seule IA ne suffit pas. Votre client peut utiliser n’importe laquelle des trois. Vous devez couvrir le spectre complet.
Les erreurs à éviter dans votre stratégie GEO
Maintenant que vous avez l’outil pour mesurer correctement, ne tombez pas dans ces pièges :
Erreur #1 : Traiter les IA comme Google
Ce ne sont pas des moteurs de recherche. Ce sont des assistants conversationnels qui peuvent faire une recherche.
Optimiser pour les IA, ce n’est pas :
- ❌ Bourrer vos pages de mots-clés spécifiques
- ❌ Créer des pages “optimisées GEO”
- ❌ Acheter des backlinks pour “ranker dans ChatGPT”
C’est :
- ✅ Créer du contenu de référence, expert, sourcé
- ✅ Être présent dans les bonnes conversations (Reddit, forums spécialisés, blogs d’autorité)
- ✅ Être cité dans des listicles et comparatifs sectoriels
- ✅ Structurer vos données (Schema.org, pages claires, architecture logique)
Erreur #2 : Vouloir “hacker” les IA
Il n’y a pas de hack. Il n’y a pas de technique secrète.
Les IA cherchent du contenu pertinent, récent, bien structuré. Exactement ce que Google cherche depuis des années.
Si vous pensez “optimisation GEO”, vous allez créer du contenu artificiel. Si vous pensez “référence dans mon domaine”, vous allez créer du contenu que les IA et vos clients apprécieront.
Erreur #3 : Ignorer le reste du web
Les IA ne vivent pas en vase clos. Quand elles activent leur browsing, elles vont chercher sur le web classique.
Votre présence dans Google, votre stratégie de contenu, vos backlinks, votre autorité éditoriale, vos citations dans des articles tiers : tout ça compte pour les IA aussi.
Utilisez AI Presence Tracker (et arrêtez de vous faire enfumer)
Je mets cet outil à disposition gratuitement. Parce que je crois que les marques ont le droit de mesurer leur présence réellement, pas via des KPIs bidons vendus par des consultants opportunistes.
Trackez votre présence réelle dans ChatGPT, Claude et Gemini
Comment ça marche
- Créez un compte sur le site (10 secondes)
- Téléchargez l’extension Chrome depuis votre dashboard
- Configurez votre marque et votre URL à tracker
- Lancez vos requêtes sur ChatGPT, Claude ou Gemini
- Les résultats remontent automatiquement dans votre dashboard
- Exportez votre rapport HTML en un clic
Ce dont vous avez besoin
- Un compte ChatGPT, Claude et/ou Gemini (gratuits ou payants)
- Une liste de requêtes à tracker (je recommande 20-30 max)
- 50 requêtes par jour gratuites, sans carte bancaire
Pourquoi c’est gratuit
Le modèle est simple : aucune donnée n’est stockée sur mes serveurs. Vous exportez tout en local. Pas de base de données massive = pas de coûts = pas de raison de vous faire payer.
Tant que ce modèle fonctionne, l’outil reste gratuit.
Aller plus loin : capturer les fan-outs de ChatGPT
AI Presence Tracker vous permet de tracker les réponses complètes des IA. Pour aller encore plus loin dans l’analyse, je vous recommande l’extension développée par Olivier Segonzac qui permet de capturer les fan-outs de ChatGPT (les sources web consultées lors du browsing).
C’est un complément parfait : vous savez non seulement ce que les IA répondent, mais aussi d’où elles tirent leurs informations. Les deux outils ensemble vous donnent une vision complète de votre présence dans l’écosystème des IA génératives.
La vraie question : faut-il vraiment investir dans la GEO ?
Soyons honnêtes. Si vous me demandez “Baptiste, dois-je investir des milliers d’euros dans une prestation GEO ?”, ma réponse est simple :
Non. Pas aujourd’hui. Pas tant que le marché n’est pas mature.
Par contre, devez-vous :
- Créer du contenu expert et sourcé ? Oui.
- Structurer vos données avec Schema.org ? Oui.
- Être présent dans les conversations de votre secteur ? Oui.
- Obtenir des citations dans des articles de référence et des listicles ? Oui.
- Mesurer votre présence dans les IA pour comprendre comment vous êtes perçu ? Oui.
La différence ? Tout ça sert aussi votre SEO classique, votre notoriété, votre autorité. Ce n’est pas un pari sur l’avenir, c’est du bon sens.
La GEO n’est pas une révolution. C’est la continuation logique de tout ce que vous devriez déjà faire : créer du contenu de référence, expert, utile, et être cité par les bonnes sources.
Et si vous le faites bien, les IA vous trouveront. Avec ou sans “optimisation GEO”.
Mesurez ce qui compte, pas ce qui se vend
Le marché de la GEO va exploser dans les mois qui viennent. Des agences vont vendre des prestations à 5000€/mois. Des outils vont promettre le “ranking ChatGPT garanti”.
Ne vous faites pas avoir.
La seule métrique qui compte, c’est : “Quand mon client potentiel demande conseil à une IA, est-ce que je suis cité ? Comment ? Avec qui ?”
Pour répondre à ça, vous n’avez pas besoin d’une API. Vous avez besoin de mesurer la vraie expérience utilisateur.
C’est exactement ce que fait AI Presence Tracker. Gratuitement. Simplement. Sur les 3 IA majeures. Avec un rapport HTML exploitable en un clic.
Alors créez votre compte. Trackez votre présence. Analysez les résultats. Et surtout : créez du contenu qui mérite d’être cité.
Parce qu’au final, c’est la seule stratégie GEO qui fonctionne vraiment.
